moi

Poèmes

Michel

Si c’est un conte, il commence par une route sinueuse, un asphalte mêlé d’herbe, et de soleil en bordure, le tracé fige mon regard, pour mieux me souvenir sans doute. Cet endroit pris par l’autre bout, c’est le chemin d’un grand clown à saint Sébastien, Je fais un saut , de quelques mois, je l’aperçois, le suis, le rencontre, bonjour qu’il dit, chemin faisant il dit toujours, Dans ce lieu clos, notre salle de création, nous sommes en nombre, des nuages de fumée, épais sortent de ses poumons, je joue, je me sens bien …Soudain, j’énumère ce qui n’est plus, un temps, je pense à ce jour où j’étais, le monde entier , ce jour où je répondais à ses questions sans mot dire ou presque et je riais avec lui , avec eux, avec le monde entier.
Vendredi, un derviche tourneur m’envahit, je marche dans le hangar, des couloirs au plateau, des costumes aux caravanes, c’est la première fois que je suis locataire sur roues, J’avais pris la rouge, je crois, le soir épuisé par le bonheur du jeu, seul dans mon écrin vermeil, je revis chaque instant, j »écris tout, je suis au bon endroit, le doute n’est pas permis, je le laisse au personnage, à mon clown.
Alors s’en vont, alors s’en viennent, des vagues de joie, je suis dompteur de félin, imprévisible ami, là où des forteresses humaines s’effondrent, devant lui, comme ça,
Des oripeaux qu’on lâche sans retour et sans regrets ,le corps comprend plus vite

Au second

Une main en trombone enserre le papier mat
Une bille rouge de stylo fade, menstrue le texte en répertoire
l’échine douloureuse je tords les idées
repousse les lunettes, réfléchis en apnée
le fessier engourdi, du plomb me visse toujours au siège
je ferme les yeux, une pensée panoramique donne un répit sombre
et puis un spasme, dans le vide, acouphènes en bouquet
qui officient encore, ce peuple anarchise mes nuits
Des gestes répétés, tempo du muscle, mélodie du coucher
L’attention se détourne, l’horizon est ailleurs, le terme du lit froid
Abattu, déposé, je me languis d’attendre , la douce chaleur diffuse
De mes chats, dans mes bras

Comme une jongle

Je jette le premier
Bien ancré, le deuxiéme
Préparé dans la main
S’echappe, deux encore
En rotation, cohorte
De bâtons, je romps
La figure de style
Un vent claque à l’oreille
Et je jette à nouveau
Et pleure de sueur
Le geste est répété
Le muscle sans raideur
le corps qui se tend
le corps qui fait corps
Je ne distingue rien
Et Catapulte un cri
Et honnis la douleur
Je reviens à l’effort
Et j’ai tort de lâcher
des cercles verticaux
ces solaires appendices
Ariane qui s’enroule
dans son fil, invisible
Et à la retombée
Je jongle encore un peu
Et je pense à toi, B
Avec toi c’est bien mieux

 

En cadence

C’est une démangeaison
à fleur de peau
il me faudra attendre
retrouver de la vigueur
il me faudra construire
avant de jouer encore
un décor interieur
je noircirai les notes
je serai trompettiste
troubadour et poète
la prose est déja prète
le personnage au chaud,
calé dans la paresse
mon comparse ancéphale
tu le sais toi, tu y as pensé
je l’ai vu,devant moi, dessiné
l’unique chemin de campagne
herbeux, sentier de terre sèche, odorante,
au bout de mes souliers noirs vernis
le clocher et ses bronzes
ici le soleil brûle toujours
je devais suivre quelques proches
je m’endors dans les mots
toujours démangé
ça me vient des oreilles
ça s’est donc propagé
il existe un tempo, une musique
que je dois suivre, que je suis
au diapason, une oraison
christophe Martin

 

Pénalité

Chaque soir sur le stade
Celui de Geoffroy G.
Je foule, le rectangle
Sans crampons, ni chaussons
Comme joueur, empêché
Le rêveur s’autorise
Mais les gradins sont vides
Et les montants , d’Ovalie
Alors je tente encore
Chaque soir , concentré
Sur le terrain sans cris
le drop de ma vie.
Pour m’endormir ainsi
Un sommeil de plomb
Giflera mes tourments
Et je fais face ici
A l ‘ennemi de fer
Barriere à l’horizon
A passer, dépasser
Si l’axe n’est pas bon
Si le cuir reste bas
Le coup de pied,
ajustera
balle sifflante
en altitude
Juste pour dormir
Apaisé, résolu
A revivre un matin
Un autre, convaincu
Que le soir qui viendra
Me donnera encore
Le droit de le tenter
Ce coup de pied
De pénalité, de pénalité

Enfants Do

Lui, devant, sac à dos entrouvert,
Elle, qui pose, par saccades, un objet dedans
Sa robe est rouge, son corsage prend l’air
Sa peau est opaline, ses lèvres couleur sang

Une marche en chaos, le couple dodeline
Des gestes imprécis finissent en parole
Oh juste un mot, pas plus, reprendre son haleine
Ondine de bitume, ce fil qui les tient
Le garçon anguleux, n’est jamais à la traîne

En passant sur le pont, là bas du côté d’Agde
Encore un jour à deux, du manger, du survivre
Je vous ai rencontrés, deux enfants de la ville
Du trottoir à la rue, la distance est fragile
Je vous ai rencontrés, voir un amour si grand

Boréal

En jeu, de vertige, imposer, on respire
Ressens, reprend, puis donne, sois
Reçois, attend, suspend et va
Nourriture pour Léon, corps en jeu, abandon
Catharsis, mais pas que
Corps en jeu, tordu, moche, tentative, on s’approche
Rituel, un bonjour, quelques preuves d’amour
Du céleste, de la terre, un moment, c’est à vous
Monsieur, votre tête, c’est cela, nous y sommes
Pour y croire, c’était vous, je commence mes devoirs
C’est du clown, avec vous
Avec toi, Michel

 

Miss Bulle

comme une bulle
tintinnabule
un courrier
du grand nord
un cadeau
a bon port
sous le sapin
lutin malin
dans ta chaussette
un beau matin
pour toi Eden
coquin de sort
le pere noel
rouge de nez
si grand de coeur
ecrit, à toi
ecrit, tu vois
et ta surprise
et ton émoi

Suzanne

Ce matin, c’est un poème qui me vient quand je pense à toi Suzanne, ça y est tu as bouclé ton bagage hier, une valise en carton pour un voyage céleste, toi, ma cousine éloignée… Eloigné, je ne serai pas présent demain pour te claquer la bise, et t’entendre, le regard franc, me dire, un sourire déchirant ton visage lumineux, « Christophe, ti bo avé ta veste, ta rendé vous ?  » et les autres bouffés de rire….Drôle ce langage difficile que tu avais, une sale méningite de naissance, et ton esprit pourtant vivace, Suzanne, si proche de …Bernadette. Belle cousine, tu étais, cette semaine à Cannes, Bernadette ma marionnette…. avec quelques autres humains de carton, de chiffon, de mousse, nous donnions vie un moment, aux petits êtres, et c’est ainsi… Quand je reprends, quand je reprendrai, le fil de mes pensées de mes souvenirs, je te vois, au présent ou au futur,, je confonds les temps, le temps infuse…et tu es vivante, et tu vis ..A un de ces jours, Suzanne…

A l’école d’Adissan

A L’école d’Adissan
Tous les vendredis
Je reviens pour jouer
Avec tous les enfants
le lourd portail vert
grince en le poussant,
C’est le signe, me voilà
Je les sens impatients
Je suis comme ce monsieur
Du film sur l’écran
Qui apprenait le chant
Une chorale d’enfants
Pour moi c’est différent
Je viens avec le clown
Dans le cœur, dans le sang
A l ‘école d’Adissan
Je les vois alignes
les petits et les grands
ils attendent le moment
Ou je prendrai le temps
De ne penser qu à eux
Je m’approche lentement
Et c’est comme un aimant
Attirés que nous sommes
Une vague de cris
Attise les élans
Mes pieds sont écrasés
Par de petites chaussures
Ils sont prêts pour jouer
Allons-y, il est temps
C’est le rassemblement
Cet après midi là
une feuille de papier
les a donc amusés
Une feuille de papier
Pour ne pas oublier
Que le clown est un jeu
Qu’il vous faudra jouer
Tout le temps, sans arrêt
Je sais que vous savez
Et vous le transmettrez
Un jour vous serez grands
ET vous vous souviendrez
du portail qui grince,
ET vous vous souviendrez
Peut être,
des vendredis d’antan
Des vendredis joyeux
Des vendredis de jeux
Et ça me rend heureux

Pa

Qui eructe, qui peste
Qui dit, qui se tait
ta voix posée
ta pensée claire
Je t’entends encore
Me parler, me dire
Plein de mots pour remplir
Tous les vides d’avant
En aussi peu de temps
Ce fut fait et tant mieux
Ça raccomode un peu
Hey, pa
Je sais bien , tu seras là
A Noel encore une fois
J’ouvrirai ton cadeau
Comme tu ne le feras pas
On recommencera
Qui nous enpechera
Puisque tu seras là
Avec nous, tu vois ça !
Si on met une musique
T’auras les pieds qui bougent
Tes verites se diront
Et On t ecoutera
Quelques rires, aux eclats
Et tu repartiras
Hey, pa
passe la porte
Et demande moi
Encore une fois
Quand je reviens
Quand je srai là
Avec Eden, avec les chats