Ma vision

leon 001Plaisir, présence sur scène, clown, centre, personnage, Christophe Martin, liberté, amour.. Voilà je pose un je retiens 2, oui, toutes les pièces du puzzle sont réunies, je décide de comprendre grâce à l’éclairage d’Edmond Morsilli rencontré le vendredi 22 février 2013  à Lyon  pourquoi le plaisir du jeu disparaît, pourquoi le personnage est une prison, pourquoi, alors que tous les éléments sont identifiés, je ne trouve pas de  solution à ce puzzle artistique.J’en arrive au constat qu’un  puzzle reconstitué n’est pas la solution, il n’y a pas dans l’exercice du clown de rationalité, de paramètres définis dont on peut admettre que ce sont les variables d’une équation. Nous ne pourrons pas considérer  qu’au bout du compte le rubixcube clown retrouvera ses facettes égales, visibles, intelligibles, compréhensibles, dans l’empirique moment de la logique du jeu. Quand bien même nous tenterions d’aboutir à cette solution, nous serions en face, du  centrage du clown, oui,  le centre. Le centre, alors que le clown est excentré (excentrique) comme nous le savons, d’autres notions connexes apparaissent ainsi prison ou contraintes, puis  liberté…..

Inversion: Le personnage est le centre, je suis excentré. Ainsi je suis sur le chemin, du clown, je n’ai pas perdu de temps comme je le redoutais. Cette recherche est bien spasmodique. Elle fut plaisir de jeu, instinct, fraîcheur, moment, instantanéité, elle devint écriture du prétexte, contrainte, enfermement. Elle est pour la suite, agglomérat d’entités, fusion, réaction avec chaîne et sans chaîne. Le personnage est nécessaire à la représentation, et je dirai que le prétexte est le personnage, le centrage. L’écriture scénaristique est accessoire, elle existe pour préciser le personnage, pour rendre accessible, lisible la proposition publique ceci afin de laisser le temps à l’excentrique de construire son histoire d’amour avec le public. Qu’est  ce qui  justifie ma présence sur scène ? Quelle est l’origine de tout cela ? Exister en tant que Christophe MARTIN, puisqu’il est avéré que la liberté de jeu est proche de moi. Dans notre expression vitale protéiforme,  nous pouvons exister, nous mouvoir, penser, agir, être, s’il existe le « principe » de liberté au sens organique physiologique du terme, je ne parle pas ici de liberté inscrite dans une  collectivité et tout l’aspect de représentation sociale que cela entraîne (la question se posera  dans un second temps pour le clown sur scène). Comme le dit Edmond, le personnage c’est le passé sur scène, ce n’est pas une proposition du présent, du vivant, en tout cas si le personnage existe ce n’est pas moi, c’est un comédien qui joue et qui s’amuse à jouer et rejouer. Le vivant, c’est Christophe MARTIN sur scène, celui que le public réclame, c’est moi, rien d’autre que moi et non pas une représentation de moi-même, l’excentrique est donc là, beaucoup plus proche que prévu. Si je suis excentré, c’est cependant un  peu plus que Christophe MARTIN sur scène, c’est moi libre, qui ose, qui montre, le caché, l’enfoui, qui transgresse, qui défie la norme, qui bouscule, qui se bouscule, c’est celui qui accepte le vertigineux moment du vide, pour exister, être libre, vivant, pour se nourrir d’une vraie relation et pas d’une convention de jeu, le public participant au jeu et acceptant la convention  que propose l’artiste, parce que le rendez vous est fixé, parce que le lieu est un théâtre etc etc. Le clown n’est donc pas un personnage, je suis d’accord avec toi Edmond.
Donc, cela veut dire que, concrètement après la dernière à TABARD, j’ai pu valider le fait que le personnage et le clown coexistent, cohabitent sur un mode schizophrénique. J’ai cru jusqu’à ce jour que tout se passait dans l’enveloppe, le carcan du personnage, que tous les élans, les possibilités d’envols partaient de lui. C’est humainement et artistiquement d’une extrême difficulté. Il existe une autre voie, cette voie considère deux fonctionnements distincts, c’est à ce prix que la liberté de jeu peut s’exprimer sans retenue. La trame et le personnage sont le prétexte, je suis l’électron libre qui virevolte autour de ce prétexte. Pourquoi prendre cette solution ? parce qu’elle donne du bien être en scène, du plaisir de jeu, tous les sens sont enfin en éveil. Il y a ainsi un duo sur scène, et si l’être en scène n’est plus seul, il se nourrit du personnage. En résumé le partenaire du clown soliste n’est pas uniquement le public, c’est aussi le personnage, ce qu’il fallait démontrer.

Un site utilisant WordPress